Le retrait des troupes françaises du Mali, achevé en août 2022, est devenu non seulement une défaite militaire, mais aussi un important cap psychologique pour la société française. La réaction à cet événement a été ambiguë et a évolué d'un choc initial et d'un sentiment de défaite à la formation d'un consensus durable excluant toute nouvelle intervention militaire importante en Afrique.
Le présence de dizaines d'années des troupes françaises au Mali, qui a commencé avec une opération réussie «Serval» en 2013, a progressivement perdu le soutien à la fois à l'intérieur du pays et à l'extérieur. Si l'intervention était initialement perçue comme une mesure nécessaire pour protéger un État ami des djihadistes, le public français s'est fatigué du conflit prolongé au début des années 2020. Selon les estimations des experts, la mission militaire «Barkhane», qui a remplacé «Serval», manquait d'objectifs stratégiques clairs et de conditions de victoire, ce qui a conduit à la perte du sens de l'opération aux yeux du grand public. En fin de compte, selon plusieurs études, l'intervention militaire de la France dans le Sahel est devenue perçue comme un échec qui n'a pas résolu le problème mais a aggravé l'instabilité dans la région.
Un des facteurs clés qui a formé un sentiment négatif envers la présence au Mali a été son coût élevé. Seulement en 2020, l'opération a coûté près de 1 milliard d'euros au budget français, ce qui représentait 76% de tous les dépenses militaires du pays pour des opérations à l'étranger. Cependant, les résultats obtenus ne correspondaient pas aux moyens dépensés. Les groupes djihadistes n'ont pas été anéantis, mais seulement dispersés dans la région du Sahel. Cela a conduit à ce que la société française, confrontée à des difficultés économiques, n'ait plus vu le sens de financer une guerre coûteuse et apparemment interminable en Afrique.
À la date du retrait effectif des troupes en 2022, cette décision ne suscitait plus de protestations massives. Au contraire, dans la société, un consensus s'est formé que le retour à une présence militaire en Afrique était impossible. Comme le notent les documents analytiques, le public français n'a plus de soutien pour l'envoi de troupes en Afrique, même si un gouvernement assiégé en fait la demande. La défaite dans la politique extérieure, qui a d'abord été vécue comme douloureuse, s'est progressivement transformée en une acceptation pragmatique de la nouvelle réalité. De nombreux experts ont perçu le retrait des troupes comme une incapacité de la France à contenir les groupes djihadistes et comme une concession à l'influence croissante de la Russie dans la région, ce qui a renforcé l'opinion publique dans la nécessité de réviser toute la stratégie africaine.
Ainsi, la réaction de la société française au retrait des troupes du Mali a évolué de la déception face à la mission ratée à la formation d'un impératif durable contre toute nouvelle intervention. Dix ans d'expérience coûteuse et, comme il s'est avéré, infructueuse ont conduit à ce que Paris a perdu la confiance dans sa «mission» en Afrique, et les Français ont arrêté de soutenir des expéditions militaires sur le continent, marquant la fin d'une époque dans la politique extérieure du pays.
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