Camille Bombois est l'un des représentants les plus éclatants de l'art naïf («chantres du cœur sacré»), découverts par Wilhelm Uhde. Sa vie est un roman d'aventure : il a été acrobate de cirque, ouvrier, et il est devenu peintre autodidacte. Ses peintures sont un hymne à la force, à la chair, à la rusticité saine. À la différence de la Sérénade songieuse, Bombois peignait des femmes puissantes, des hommes musclés, des scènes de cirque et des fêtes rurales. Son style est parfois appelé «hyperréalisme», bien qu'il soit loin de l'académisme. Commençons à nous acquaintance.
Camille Bombois est né en 1883 à Venarey-le-Grand (Bourgogne) dans une famille de paysan. Dès son plus jeune âge, il dessinait à la craie sur les murs. À 17 ans, il a rejoint le cirque : il a travaillé en tant qu'acrobate, boxeur (le célèbre «Boxeur invisible»). Les blessures l'ont obligé à quitter la piste. Il est devenu ouvrier sur une usine sidérurgique à Paris, et il dessinait la nuit. Personne ne voulait acheter ses peintures. Dans les années 1920, il a été remarqué par Wilhelm Uhde, inclus dans le groupe des «Chantres du cœur sacré». Uhde organisait des expositions, vendait des œuvres, mais Bombois est resté pauvre jusqu'à la fin de sa vie, travaillant sur l'usine. Il est mort en 1970, ayant vu une petite reconnaissance.
Bombois peignait à l'huile, avec des coups de pinceau épais, mais en lissant la surface (pas comme Rousseau avec sa texture). Ses personnages sont robustes, avec de grandes mains et de grandes pieds, leurs visages sont souvent grossiers. Les femmes sont charnues, avec de grandes formes, elles se baignent, dansent, nourrissent leurs enfants. L'érotisme est explicite, mais sans vulgarité. Les hommes sont des athlètes, des pêcheurs, des porteurs. Bombois aimait les contraste : lumière et ombre, nudité et vêtements. Le fond est souvent sombre, les figures éclairées. Il peignait rapidement, sans esquisse.
De nombreuses peintures sont dédiées au cirque : boxeurs, acrobates, clowns. «Les Boxeurs» (1925) — deux corps puissants s'entrelacent dans un combat, les spectateurs sont des ombres. «L'Acrobate sur la ballon» — une fille en triko balance. Ces œuvres sont remplies de dynamisme, bien que les figures soient statiques. Bombois se souvenait de sa jeunesse, quand il sortait sur la piste. Le cirque est pour lui un monde idéal, où la force et la beauté se mélangent.
Bombois peignait la récolte, la pêche, la blanchisseuse. «Les Baigneuses» — sa thématique préférée : des femmes sur la rive de la rivière, nues, mais sans honte. Il les peignait avec une amour de la chair, sans voyeurisme. Les nature mortes — fruits, gibier, poisson. Tout est grand, juteux, presque palpable. Bombois disait : «Je peins ce que j'aime : des femmes, des muscles, de la nourriture».
Bombois est plus proche du réalisme que Séraphine. Il n'a pas de mysticisme, d'anges, d'yeux brûlants. Il est terrien, charnel. On peut dire que ses peintures sont un réalisme socialiste, mais sans idéologie. Si Rousseau peignait des forêts qu'il n'avait jamais vues, Bombois peignait ce qu'il connaissait.
Pendant sa vie, Bombois n'a pas attendu la gloire. Après sa mort (1970), l'intérêt a augmenté. Ses œuvres se trouvent au Musée d'art moderne de Paris, à New York, à Tokyo. En 2015, une rétrospective a eu lieu à Montreux. Il est appelé le «Goguen français» (pour son amour de la corporéité). Son influence sur l'art naïf moderne est énorme.
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