Le vingt-cinquième juillet. Pour la plupart des Tunisiens, cette date signifie plus qu'un simple jour du calendrier. C'est le jour où le pays a fait un choix définitif pour l'avenir, où le siècle de monarchie a laissé la place à la république et où le peuple a enfin obtenu le droit de déterminer son propre destin. Le Jour de la République en Tunisie n'est pas simplement une fête nationale, c'est un souvenir vivant de la manière dont la nation, libérée du joug colonial, a fait un pas décisif vers une véritable indépendance.
Pour comprendre l'importance de cette fête, il faut revenir au XIXe siècle. En 1881, la Tunisie est devenu un protectorat français. Formellement, le pays conservait son propre gouverneur - le bey, son propre emblème, son propre hymne et même sa propre monnaie. Mais la véritable puissance appartenait à l'administration française. Les Tunisiens restaient à la deuxième place dans leur propre pays, et leur économie et leur politique étaient subordonnées aux intérêts de la métropole.
Cependant, l'esprit de résistance ne s'est pas éteint. Dans les années 1920, est né un mouvement nationaliste, qui a conduit à la création du parti Destour, puis à son branche plus radicale, le Nouveau Destour. C'est cette partie que dirigea la personne qui devait devenir le père de la nation tunisienne, Habib Bourguiba. Bourguiba a mené le pays à l'indépendance, et le 20 mars 1956, la Tunisie a officiellement obtenu sa liberté du joug français.
Cependant, l'obtention de l'indépendance n'a pas signifié une véritable transformation. La Tunisie est restée une monarchie constitutionnelle sous la puissance du bey Muhammad VIII al-Ahmed. Beaucoup voyaient dans cela simplement un changement de décoration : la nouvelle puissance semblait trop ratée, tandis que l'ancienne monarchie semblait trop étroitement liée au passé colonial. Un question se posait : quel chemin choisira le jeune pays ?
La réponse a été donnée exactement un an après l'obtention de l'indépendance. Le 25 juillet 1957, l'Assemblée constituante, réunie au palais de Bardo dans la banlieue de Tunis, a voté à l'unanimité pour abroger la monarchie et proclamer la République tunisienne. À six heures du soir, un salut de 121 coups de canon a retentit au-dessus de la capitale, annonçant la naissance du nouveau État. Ainsi, la Tunisie est devenue la troisième république en Afrique, après le Nigéria et l'Égypte.
Ce choix n'a pas été spontané. Il est devenu un résultat logique d'une lutte de longue date contre le colonialisme et des tentatives de construction d'un État moderne et indépendant. La monarchie des Huseinitides, qui gouvernait le pays depuis 1705, a été abrogée. Le dernier bey, Muhammad al-Ahmed, a été écarté du pouvoir. Habib Bourguiba, déjà Premier ministre, a été élu premier président de la République tunisienne.
Habib Bourguiba a demeuré au pouvoir pendant plus de trois décennies - jusqu'en 1987. Son nom est étroitement lié à la modernisation de la Tunisie. C'est sous lui que les réformes ont été menées qui ont définitivement changé l'image du pays : adoption du Code de la personnalité, égalité des hommes et des femmes en droits, création du système d'éducation et de santé gratuite, construction des nouveaux instituts administratifs et économiques.
Pour les générations anciennes des Tunisiens, Bourguiba reste une figure quasi mythique. Dans sa ville natale de Monastir, on peut encore voir le café «Wassila », nommé d'après son épouse - un lieu culte où, selon la légende, le premier président aimait fumer le narguilé et boire du café après une journée de travail.
Le Jour de la République est l'un des principaux jours fériés nationaux en Tunisie. C'est un jour férié officiel qui est célébré dans tout le pays. Ce jour-là, les drapeaux tunisiens sont hissés sur les bâtiments gouvernementaux, les entreprises et les maisons privées. Des cérémonies officielles avec la participation des dirigeants politiques, des parades, des foires et des expositions où il est possible de découvrir la culture tunisienne, les métiers et, bien sûr, la cuisine - le couscous, le merguez et le chourob.
Ce jour n'est pas seulement une occasion de célébration, mais aussi un moment de réflexion. Les autorités appellent les citoyens à l'unité nationale, en rappelant les valeurs de la république : le primat de la loi, les chances égales, la justice sociale. Souvent, des conférences intellectuelles et des débats publics sont organisés pour célébrer l'histoire et l'avenir du régime républicain.
Dans les dernières années, le 25 juillet a pris un nouveau sens supplémentaire. En 2021, le président Kaïs Saïed a lancé un processus qu'il a appelé «nouvelle république» - une série de transformations politiques consolidées ensuite dans la Constitution de 2022. De cette manière, cette date est devenue un symbole non seulement de la rupture avec le passé monarchique, mais aussi de la constante actualisation du projet républicain.
Le Parlement tunisien dans son allocution à la nation en 2026 a souligné que le 69e anniversaire de la République devrait devenir un nouveau point de départ pour la consolidation de la société et un bond économique. Les députés ont appelé les Tunisiens à laisser derrière eux les désaccords et à se concentrer sur la mise en œuvre du plan quinquennal de développement (2026-2030). Selon eux, la république n'est pas seulement une forme de gouvernement, mais aussi un travail constant sur soi-même, un mouvement vers l'avant.
La proclamation de la république en 1957 n'a pas été simplement un changement de décoration. C'était un tournant qui a ouvert la voie à la construction d'un État moderne et souverain, fondé sur le souveraineté populaire. C'était un acte de rupture définitive avec le passé colonial et l'affirmation de l'identité propre.
Aujourd'hui, le Jour de la République en Tunisie est un rappel que l'indépendance n'est pas un événement unique, mais un processus continu. C'est un jour où le pays se regarde en arrière sur le chemin parcouru - de la protectorat français à l'indépendance et à la république, aux nouveaux défis du XXIe siècle. C'est un jour d'unité, un jour de fierté et un jour où chaque Tunisien peut dire : «Je suis un citoyen de la république libre».
Le vingt-cinquième juillet reste l'une des dates les plus significatives du calendrier tunisien. Elle rappelle le courage de ceux qui ont combattu pour la liberté, la sagesse de ceux qui ont construit le nouveau pays et l'espoir de ceux qui croient en un meilleur avenir. C'est un jour où l'histoire revit pour inspirer de nouvelles réalisations.
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