Nous apprenons les règles depuis l'enfance : dis "merci", souris aux invités, ne pas interrompre les plus âgés. L'éthique est un système de rituels qui adoucit les aspérités sociales. Mais qu'en est-il lorsque l'éthique entre en conflit avec l'authenticité ? Doit-on remercier pour un cadeau indésirable ? Doit-on sourire à quelqu'un qui nous déplaît ? Où se situe la frontière entre la courtoisie et le cynisme ? Ce conflit entre l'authenticité et l'éthique est une dilemme éternelle.
L'éthique est une sorte de valve de sécurité. Il nous permet de nous interaction avec les autres sans entrer en conflit pour chaque petitesse. Si chacun disait simplement ce qu'il pense, le monde deviendrait une bataille constante. "Comment ça va ?" est une question standard à laquelle on ne s'attend rarement à une réponse honnête sur les maux de dos et le divorce. La formule éthique permet d'échanger des rituels et de passer à autre chose. Par conséquent, l'éthique n'est pas l'ennemi de l'authenticité, mais son contexte. Mais le problème commence lorsque le rituel remplace le contenu.
Le conflit survient lorsque les règles exigent une chose et les sentiments en demandent une autre. Exemple : vous êtes allé dans un magasin où on vous a servi un plat désagréable. L'éthique commande de louer l'invité, l'authenticité de rester silencieux ou même de dire la vérité. Ou : votre patron vous a offert un objet sans goût. L'éthique est "merci, c'est très agréable". L'authenticité est "retirez cette merde". Un autre exemple : votre collègue raconte une histoire longue que vous avez entendu cent fois. L'éthique est d'écouter avec un sourire. L'authenticité est de dire "ça me lasse". Une personne qui toujours choisit l'authenticité deviendra un grossier. Celui qui toujours choisit l'éthique, un hypocrite.
Les partisans de l'éthique disent que le mensonge poli est nécessaire pour ne pas blesser les sentiments des autres. Il vaut mieux dire "merci, il est très chaud" à la grand-mère qui a tricoté un pull ridicule que "vous vous moquez de moi ?". Ne pas dire "horrible" à une amie qui s'est fait une coupe ratée, mieux vaut garder le silence ou trouver quelque chose de positif. Ce genre de mensonge est un manifeste d'empathie. Les opposants prétendent que le mensonge détruit la confiance. Si vous toujours vous complimentez, votre compliment n'a aucune valeur. En fin de compte, le mensonge poli est une forme d'insolence : vous pensez que le correspondant est trop faible pour entendre la vérité.
En Allemagne et aux Pays-Bas, la directe est considérée comme normale. Dire "non, je n'aime pas ça" n'est pas une grossièreté, mais une honnêteté. Au Japon, même "non" est formulé de sorte qu'il ne blesse pas : "ce sera difficile". En Russie, le balance entre l'authenticité et l'éthique est complexe : d'une part, on valorise la "vérité-mère", d'autre part, on condamne la rudesse. On dit souvent : "la vérité amère vaut mieux que la mensonge doux". Mais dans la pratique, beaucoup choisissent le mensonge pour ne pas briser les relations. Le contexte culturel détermine jusqu'à quel point il est permis d'être authentique.
Il est possible d'exprimer des sentiments authentiques, mais dans l'enveloppe de l'éthique. Au lieu de "c'est horrible", dites : "je pense que cela pourrait être mieux". Au lieu de "tu ne as tort", dites "je vois les choses différemment". Au lieu de "je m'en fiche", dites "revenons à cela plus tard". La technique des messages "je" : "je suis déçu", et non "tu me déçois". Un compliment sans mensonge : "tu as de beaux yeux" - la vérité, même si vous n'êtes pas enchanté par la coiffure. L'essentiel est de ne pas mentir, mais de choisir ceux qui sont vraiment authentiques. Si il n'y a pas d'aspects authentiques, mieux vaut garder le silence.
Dans les relations proches, l'éthique est souvent rejetée. Nous disons "fermez la porte" sans "s'il vous plaît", exprimons notre mécontentement sans mitigations. C'est normal - dans la famille, le niveau de confiance est plus élevé et les règles peuvent être plus libres. Mais le mépris total de l'éthique détruit les relations. Même dans l'amour, il est important de dire "merci" et "pardon" de temps en temps. L'authenticité sans éthique devient grossière, l'éthique sans authenticité, éloignement. L'équilibre d'or : être polis, mais ne pas cacher vos sentiments réels derrière des rituels.
L'éthique est plus importante : aux événements officiels, lors de la communication avec des inconnus, aux cérémonies funéraires, dans les situations où une sincérité non demandée peut blesser (par exemple, dire à un malade qu'il a l'air malade). L'authenticité est plus importante : dans l'amitié proche, lors de la discussion de problèmes sérieux, lorsque le mensonge peut entraîner une catastrophe (par exemple, cacher une infidélité ou une maladie). Dans les autres cas, le balance fonctionne.
Ne pas apprendre à l'enfant de mentir. Ne pas forcer à dire "merci" avec les dents. Expliquez que ses sentiments sont importants, mais qu'il y a des moyens d'exprimer ses sentiments sans blesser les autres. Jouez à des jeux : "comment dire la vérité poliment ?". Encouragez l'enfant lorsqu'il trouve des mots gentils pour la critique. Et surtout, soyez un exemple : ne mentez pas pour la politesse, mais ne soyez pas grossier. Les enfants sentent finement le cynisme. Si ils voient que maman sourit à la tante, mais la critique en coulisse, ils apprendront que la politesse est un mensonge.
L'authenticité et l'éthique ne sont pas ennemis. Ils sont deux ailes. Seulement ensemble, ils permettent de voler. Ne sacrifiez pas l'un pour l'autre. Soyez polis, mais restez vous-même.
New publications: |
Popular with readers: |
News from other countries: |
![]() |
Editorial Contacts |
About · News · For Advertisers |
Digital Library of Madagascar ® All rights reserved.
2023-2026, LIBRARY.MG is a part of Libmonster, international library network (open map) Preserving Madagascar's heritage |
US-Great Britain
Sweden
Serbia
Russia
Belarus
Ukraine
Kazakhstan
Moldova
Tajikistan
Estonia
Russia-2
Belarus-2