«L'église pour les pauvres» — ces mots prononcés par le cardinal Jorge Bergoglio avant son élection au pontificat sont devenus plus qu'un slogan, une programme d'action pour tout le monde catholique. Aujourd'hui, plus de dix ans après le début du pontificat de François, cette conception a pris des contours concrets. Ce n'est pas une charité classique. C'est une réinterprétation de la substance même de la mission ecclésiastique : ne pas être un institut pour les «bons chrétiens», mais un espace où l'homme pauvre se sent non pas un objet d'aide, mais un sujet de changement.
Under the pontificate of Francis, the concept of «the church for the poor» has ceased to be an abstract idea and has become a real policy. The Pontiff has settled in the guest house of Santa Marta instead of luxurious apartments, has refused the papal car and expensive garments. But the main thing is not this. He created a special organ — the Dicastery for the Service of the Whole Human Development, which deals not only with the distribution of money but also with the analysis of systemic causes of poverty. Francis wrote the apostolic exhortation «Evangelii Gaudium», where he explicitly stated: «Je préfère une église blessée, souillée et sale, parce qu'elle est sortie dans les rues ». C'était un manifeste d'une nouvelle école ecclésiastique — une église qui n'a pas peur de la marginalité.
Le pape Léon XIV, élu en mai 2025, n'a pas seulement hérité de ce cours, mais l'a approfondi. En tant qu'évêque au Pérou, il sait ce que signifie la pauvreté en Amérique latine, pas par les livres. Dans sa première encyclique «Lumen et Pax», il a dédié une chapitre entière à «l'économie de la miséricorde», où il a proposé de créer un fonds international pour le remboursement des dettes des pays les plus pauvres. Léon XIV a également renforcé la lutte contre les abus financiers à l'intérieur même du Vatican, rendant transparents les dépenses de maintenance de la Curie. Son approche est pragmatique : on ne peut prêcher la pauvreté en vivant dans le luxe. Par conséquent, il a continué la réforme des finances vaticanes, réduisant les dépenses administratives de 15%.
La conception de «l'église pour les pauvres» aujourd'hui n'est pas une distribution de produits. C'est l'admission que les pauvres ont le droit de vote dans l'hierarchy ecclésiastique. Dans les processus synodaux des dernières années, des représentants des paroisses des bidonvilles et des régions rurales ont activement participé. Leurs voix sont entendues lors de la nomination des évêques, lors de la discussion des doctrines sociales. Ainsi, en 2024, le Synode sur la synodalité a accordé une attention particulière à l'expérience des communautés ecclésiastiques en Amazonie, où la pauvreté est étroitement liée aux problèmes écologiques. François et Léon XIV voient les pauvres non pas simplement comme des «besoins», mais comme ceux qui peuvent enseigner à l'église la simplicité et la humilité.
Le réseau Caritas, l'organisation caritative officielle du Vatican, sous la direction de François et de Léon XIV, est devenu un réseau mondial qui fonctionne non seulement dans les points de crise, mais aussi dans les régions stables. Aujourd'hui, Caritas ne distribue pas simplement de la nourriture dans les zones de conflit, mais lance des programmes de microcrédit pour les femmes en Afrique et en Asie, et forme les communautés locales à la gestion des exploitations agricoles. En 2026, il est prévu de lancer l'«Académie de la miséricorde» — une plateforme éducative pour les travailleurs sociaux du monde entier. Il est important que tous ces projets soient coordonnés sur place, ce qui correspond au principe de «sous-souveraineté» — la décentralisation du pouvoir.
Cependant, cette conception se heurte à des difficultés. Les cercles conservateurs critiquent François et Léon XIV pour un «dérive à gauche», les accusant d'utiliser l'église pour la propagande politique. Certains évêques considèrent que l'accent sur la pauvreté détourne de questions spirituelles. En réponse à cela, le pape Léon XIV a dit dans une de ses prédications : «Dieu ne sépare pas l'âme du corps. Si nous ne nourrissons pas le faim, nos prédications sur le salut seront des bruits vides ». Néanmoins, le conflit entre «l'église pour les pauvres» et «l'église pour les fidèles» reste un défi réel.
Dans les prochaines années, la conception sera probablement institutionalisée. Il est discuté de la création d'un conseil permanent des affaires des pauvres au Saint-Siège, qui sera non consultatif, mais exécutif. Il est également envisagé de donner plus de droits aux laïcs des pays pauvres pour participer aux conclaves. Cela pourrait changer la structure même de l'église catholique, la rendant plus représentative. Léon XIV a déjà déclaré que «les pauvres ne sont pas un problème pour l'église, mais son avenir ». Si cet avenir se réalise, le catholicisme pourra conserver son influence dans un monde où l'inégalité sociale augmente.
La conception de «l'église pour les pauvres» aujourd'hui n'est pas une utopie, mais un processus vivant. Elle change non seulement l'apparence du pontificat, mais aussi la substance même du service chrétien. C'est là sa principale force.
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